Coupe du monde de rugby 2011 : l’épopée folle du XV de France
Par Maëlle Castagné · · 16 min de lecture
La Coupe du monde de rugby 2011 s’est jouée en Nouvelle-Zélande du 9 septembre au 23 octobre 2011, et le XV de France l’a perdue d’un seul point : 8-7 contre les All Blacks en finale, à l’Eden Park d’Auckland. Pour en arriver là, l’équipe de Marc Lièvremont avait été battue deux fois en poule, par la Nouvelle-Zélande puis par les Tonga à Wellington, avant d’éliminer l’Angleterre et le pays de Galles. Voici ce parcours improbable, match par match, avec des scores recoupés et ce qu’il en reste quinze ans plus tard.
L’essentiel
- Vainqueur : la Nouvelle-Zélande, 8-7 contre la France en finale le 23 octobre 2011 à l’Eden Park d’Auckland. Deuxième titre des All Blacks, après celui de 1987 obtenu contre la même équipe, dans le même stade.
- Bilan des Bleus : 7 matchs, 4 victoires, 3 défaites, 159 points marqués et 124 encaissés.
- Deux défaites en poule : 17-37 contre la Nouvelle-Zélande le 24 septembre, puis 14-19 contre les Tonga à Wellington le 1er octobre. Qualification malgré tout, 2e de la poule A avec 11 points contre 9 aux Tonga.
- Phase finale : Angleterre battue 19-12 en quart de finale, pays de Galles 9-8 en demi-finale, les deux fois à l’Eden Park.
- Sélectionneur : Marc Lièvremont (2007-2011). Capitaine : Thierry Dusautoir, auteur du seul essai français de la finale et élu meilleur joueur du monde de l’année 2011 par l’IRB.
- Le tournoi : 20 équipes, 4 poules de 5, 48 matchs. Meilleurs marqueurs d’essais : Vincent Clerc et l’Anglais Chris Ashton, 6 chacun.
Wellington, 1er octobre 2011 : le soir où tout aurait dû s’arrêter
Le stade régional de Wellington a été construit sur d’anciens terrains ferroviaires, à deux pas de la gare et des quais du port, là où accostent les paquebots. Un anneau blanc et trapu que les habitants surnomment « la boîte à gâteaux ». Ce samedi 1er octobre 2011, 32 763 spectateurs s’y installent pour le dernier match de la poule A, France contre Tonga. Sur les photographies prises ce jour-là, les tribunes penchent nettement vers le rouge. Avant le coup d’envoi, les joueurs tongiens exécutent le Sipi Tau, leur danse de défi, face à des Bleus immobiles.
Le scénario tient en quelques lignes, et c’est ce qui le rend cruel. Dimitri Yachvili ouvre le score sur pénalité dès la 2e minute, l’ouvreur tongien Kurt Morath répond. À la 26e minute, l’ailier Suka Hufanga franchit la ligne, Morath transforme. Il passera quatre pénalités dans la soirée, Yachvili trois. La France ne marque qu’un essai, celui de Vincent Clerc, dans les arrêts de jeu, quand plus rien ne peut changer. Score final : 19-14 pour les Tonga.
Les îliens avaient déjà battu la France une fois, en 1999, lors d’une tournée d’été dans le Pacifique (20-16). Jamais en Coupe du monde. Pour l’équipe de Marc Lièvremont, c’est une deuxième défaite en huit jours, après la leçon reçue contre les All Blacks. Le mot qui vient, c’est Trafalgar : une défaite loin de chez soi, face à une flotte qu’on croyait moins armée, dans une ville battue par les vents du détroit de Cook.
Et pourtant, ce soir-là, la France est qualifiée pour les quarts de finale. Trois semaines plus tard, elle joue la finale et la perd d’un point. Toute l’étrangeté de ce Mondial tient dans ce grand écart : l’équipe la plus contestée du tournoi a fini à une pénalité du titre.
Où s’est déroulée la Coupe du monde de rugby 2011 ?
En Nouvelle-Zélande, pour la deuxième fois après l’édition inaugurale de 1987, que le pays avait coorganisée avec l’Australie. L’International Rugby Board (IRB, aujourd’hui World Rugby) lui attribue le tournoi le 17 novembre 2005 à Dublin, au terme d’un vote en deux tours : l’Afrique du Sud est éliminée au premier, le Japon au second, par treize voix contre huit. Le choix est discuté à l’époque, parce qu’il garde l’épreuve entre les nations historiques au lieu de l’ouvrir à l’Asie. Le Japon devra attendre 2019.
La formule reprend celle de 2003 et 2007 : vingt équipes réparties en quatre poules de cinq, 48 matchs, les deux premiers de chaque poule qualifiés pour les quarts de finale. Une victoire rapporte quatre points, un nul deux. Un point de bonus offensif récompense l’équipe qui marque au moins quatre essais dans un match, un point de bonus défensif celle qui perd de sept points ou moins. Ces détails d’apparence comptable vont décider du sort des Bleus. La Russie dispute sa première phase finale, et le tournoi s’ouvre le 9 septembre à l’Eden Park par un Nouvelle-Zélande-Tonga gagné 41-10 par les hôtes.
Le pays sort d’une épreuve. Le 22 février 2011, un séisme frappe Christchurch, et le stade de la ville, qui devait accueillir des rencontres, est déclaré inutilisable à la mi-mars. Ses matchs sont redistribués. Versée dans la poule A avec le pays hôte, le Japon, le Canada et les Tonga, la France voyage entre Auckland, Napier et Wellington, avant de s’installer à Auckland pour toute la phase finale. Le détail des 48 rencontres figure sur la page officielle de la Coupe du monde consacrée à l’édition 2011.
Qui était le sélectionneur du XV de France en 2011 ?
Marc Lièvremont, ancien troisième ligne international de 1995 à 1999, nommé le 24 octobre 2007 pour succéder à Bernard Laporte. Il entraînait alors l’US Dax, qu’il venait de faire monter en Top 14, et n’avait encore jamais entraîné au plus haut niveau international. Son mandat connaît un sommet, le Grand Chelem du Tournoi des Six Nations 2010, et plusieurs creux. En juin 2009, lors d’une tournée en Nouvelle-Zélande, il confie le brassard de capitaine à Thierry Dusautoir en l’absence de Lionel Nallet. Dusautoir le gardera jusqu’au bout.
L’année 2011 commence mal. Dans le Tournoi, la France perd à Rome contre l’Italie (22-21), une première dans l’histoire des Six Nations. Lièvremont écarte ensuite plusieurs cadres. Sa liste pour la Coupe du monde, dévoilée le 11 mai, laisse de côté Sébastien Chabal et Yannick Jauzion et appelle le jeune troisième ligne Raphaël Lakafia, jamais sélectionné jusque-là. Le groupe se prépare à Marcoussis à partir du 28 juin, puis en stage dans les Pyrénées-Orientales et en Haute-Loire. Le 4 août, l’ailier Yoann Huget est exclu pour trois manquements aux obligations de contrôle antidopage.
Deux autres noms éclairent la suite. Philippe Saint-André, d’abord : la Fédération française a désigné l’ancien ailier comme successeur de Lièvremont avant la fin du tournoi, et il prend ses fonctions le 1er décembre 2011. Le Mondial néo-zélandais est donc le dernier de Lièvremont. Morgan Parra, ensuite : demi de mêlée de formation, il est installé au poste d’ouvreur à partir du match contre les All Blacks, au détriment de François Trinh-Duc. Le choix surprend. Il tiendra jusqu’à la finale.
Le parcours du XV de France, match par match
Les scores et les dates ci-dessous ont été recoupés entre deux sources indépendantes, le récapitulatif de l’équipe de France publié par Équipe-France.fr et les feuilles de match compilées par Wikipédia. Le score de la France est toujours indiqué en premier.
| Date | Tour | Adversaire | Score | Points français | Stade |
|---|---|---|---|---|---|
| 10 sept. 2011 | Poule A | Japon | 47-21 (V) | Essais de Pierre, Trinh-Duc, Clerc, Nallet, Papé et Parra | North Harbour Stadium, Auckland |
| 18 sept. 2011 | Poule A | Canada | 46-19 (V) | Essais de Clerc (3) et Traille, drop de Trinh-Duc | McLean Park, Napier |
| 24 sept. 2011 | Poule A | Nouvelle-Zélande | 17-37 (D) | Essais de Mermoz et Trinh-Duc | Eden Park, Auckland |
| 1er oct. 2011 | Poule A | Tonga | 14-19 (D) | Essai de Clerc, 3 pénalités de Yachvili | Stade régional, Wellington |
| 8 oct. 2011 | Quart de finale | Angleterre | 19-12 (V) | Essais de Clerc et Médard, drop de Trinh-Duc | Eden Park, Auckland |
| 15 oct. 2011 | Demi-finale | Pays de Galles | 9-8 (V) | 3 pénalités de Parra | Eden Park, Auckland |
| 23 oct. 2011 | Finale | Nouvelle-Zélande | 7-8 (D) | Essai de Dusautoir, transformé par Trinh-Duc | Eden Park, Auckland |
Japon et Canada : deux victoires, deux bonus, peu de certitudes
Le 10 septembre, au North Harbour Stadium, au nord d’Auckland, les Bleus mènent 25-8 après une demi-heure de jeu, puis se laissent rattraper par un Japon vif et sans complexe. Au milieu de la seconde période, il ne reste que quatre points d’écart, et l’ouvreur James Arlidge a marqué à lui seul tous les points japonais. Il faut les essais de Lionel Nallet, Pascal Papé et Morgan Parra dans les dix dernières minutes pour que le score prenne l’allure d’une large victoire, 47-21, bonus offensif compris.
Le 18 septembre à Napier, sur la côte est de l’île du Nord, sous la pluie et le vent, Lièvremont aligne une équipe très remaniée. Le quatrième essai, celui du bonus, n’arrive qu’en toute fin de match : Damien Traille marque à la 64e minute, puis Vincent Clerc deux fois dans les dernières minutes, pour un triplé personnel. 46-19. Dix points en deux matchs, le compte est bon, le jeu beaucoup moins.
Nouvelle-Zélande : la leçon de l’Eden Park
Le 24 septembre, pour le choc de la poule, Parra est titularisé à l’ouverture. Les All Blacks marquent trois essais dans les vingt et une premières minutes, par Adam Thomson, Cory Jane et Israel Dagg, et le match est plié bien avant la pause. Maxime Mermoz et François Trinh-Duc sauvent l’honneur en seconde période. 37-17, et la première place s’envole. Personne, ce soir-là, n’imagine revoir les deux équipes dans le même stade un mois plus tard.
France-Tonga 2011 : comment les Bleus ont-ils pu se qualifier après deux défaites ?
Par l’arithmétique des bonus. Avant le dernier match, la France compte dix points : huit pour ses deux victoires, deux pour les bonus offensifs obtenus contre le Japon et le Canada. Les Tonga en ont cinq : quatre pour leur succès contre le Japon (31-18), un bonus défensif pour leur défaite 25-20 face au Canada. Pour passer devant, les Tongiens devaient gagner avec au moins quatre essais et plus de sept points d’écart. Les deux équipes auraient alors terminé à dix points, et le règlement départageait d’abord les ex aequo par leur confrontation directe.
Ils gagnent, mais avec un seul essai et cinq points d’écart. Leur victoire leur rapporte quatre points, pas davantage. Mieux, la défaite de cinq points offre à la France un bonus défensif. Les Bleus terminent avec onze points, deux de plus que les Tonga, et rejoignent les quarts de finale par la porte de service, deuxièmes d’une poule dont ils ont perdu les deux matchs qui comptaient le plus.
| Poule A | V | N | D | Points marqués | Points encaissés | Bonus | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nouvelle-Zélande | 4 | 0 | 0 | 240 | 49 | 4 | 20 |
| France | 2 | 0 | 2 | 124 | 96 | 3 | 11 |
| Tonga | 2 | 0 | 2 | 80 | 98 | 1 | 9 |
| Canada | 1 | 1 | 2 | 82 | 168 | 0 | 6 |
| Japon | 0 | 1 | 3 | 69 | 184 | 0 | 2 |

Le calcul rassure les comptables. Il ne rassure personne d’autre. Les comptes rendus du match décrivent une équipe sans élan, battue dans les duels, multipliant les fautes et incapable de franchir la ligne avant la dernière minute. Autour du groupe, le climat se tend. Les relations entre le sélectionneur et les médias étaient déjà électriques, et l’on se demande, à la veille d’un quart de finale contre l’Angleterre, si ces Bleus-là ont encore envie de jouer ensemble.
Angleterre et pays de Galles : le sursaut, puis l’apnée
Le 8 octobre, à l’Eden Park, la France retrouve l’Angleterre, qui l’avait éliminée des Coupes du monde 1991, 2003 et 2007. Le match ne ressemble à rien de ce qu’on a vu jusque-là. Yachvili passe deux pénalités, Vincent Clerc puis Maxime Médard marquent chacun un essai, et les Bleus mènent 16-0 à la pause. L’Angleterre revient par Ben Foden, puis Mark Cueto en toute fin de match, mais un drop de Trinh-Duc à la 73e minute a déjà mis la France hors de portée. 19-12. Imanol Harinordoquy est désigné homme du match.
Une semaine plus tard, le 15 octobre, même stade, face au pays de Galles. À la 18e minute, le capitaine gallois Sam Warburton soulève Vincent Clerc et le laisse retomber, un plaquage dangereux que l’arbitre irlandais Alain Rolland sanctionne d’un carton rouge direct. À quatorze pendant plus d’une heure, les Gallois dominent pourtant la fin de match. Morgan Parra réussit ses trois pénalités, les buteurs gallois n’en passent qu’une. Mike Phillips marque le seul essai de la rencontre à la 58e minute, Stephen Jones manque la transformation : 9-8.
La fin est une longue apnée. À la 75e minute, Leigh Halfpenny tente une pénalité d’une cinquantaine de mètres. Le ballon file droit et meurt sous la barre transversale. Les Français défendent sans commettre de faute jusqu’à un en-avant gallois, au-delà de la 80e minute, qui les envoie en finale. C’est la troisième de leur histoire, après 1987 et 1999. Le lendemain, Lièvremont qualifie publiquement ses joueurs de « sales gosses », leur reprochant une sortie nocturne après le match. Le fossé entre le sélectionneur et son groupe, que tout le monde devinait, devient visible.
Finale de la Coupe du monde de rugby 2011 : que s’est-il passé à l’Eden Park ?
Dimanche 23 octobre 2011, 21 heures à Auckland, 10 heures du matin en France. 61 079 spectateurs. Les All Blacks n’ont plus gagné le titre depuis 1987, déjà contre la France, déjà à l’Eden Park (29-9), et chaque édition depuis a ajouté un chapitre à leur réputation d’équipe qui craque au mauvais moment. Pendant le haka, les Français avancent en formation de V, puis se déploient en ligne jusqu’à franchir la ligne médiane. L’IRB leur infligera plus tard une amende de 2 500 livres pour ce geste.
La première mi-temps est une affaire de résistance. À la 15e minute, sur une touche à cinq mètres de l’en-but français, une combinaison entre Jerome Kaino et Tony Woodcock envoie le pilier à l’essai. Piri Weepu, qui avait déjà manqué une pénalité, rate la transformation, puis une nouvelle tentative à la 25e minute. Côté français, Morgan Parra, touché au visage, sort une première fois, revient, puis quitte définitivement le terrain à la 23e minute. Trinh-Duc, qui n’avait plus été titulaire depuis plus d’un mois, prend l’ouverture. En face, Aaron Cruden se blesse au genou à la 34e minute et cède sa place à Stephen Donald, rappelé en cours de tournoi après les forfaits successifs de Dan Carter et Colin Slade. 5-0 à la pause.
Au retour des vestiaires, Yachvili manque une pénalité, Donald réussit la sienne à la 46e minute : 8-0. Vincent Clerc sort blessé dans la foulée. Puis la France frappe. Trinh-Duc perce, les avants insistent, et Thierry Dusautoir, décalé par Aurélien Rougerie, marque sous les poteaux à la 47e minute. Trinh-Duc transforme. 8-7, et plus de trente minutes à jouer. À la 65e minute, Trinh-Duc tente une pénalité à 48 mètres, qui passe à côté. Ensuite, plus rien ne sera marqué. Les Français tiennent le ballon, avancent, poussent, sans obtenir le coup de sifflet qui leur aurait offert une dernière tentative.
L’arbitrage du Sud-Africain Craig Joubert a nourri des années de débat. Après le match, Vincent Clerc a regretté que les Bleus n’aient obtenu aucune pénalité dans le camp néo-zélandais en seconde période. Plusieurs observateurs étrangers ont jugé l’arbitrage déséquilibré. D’autres analyses sont plus nuancées : l’ancien arbitre international français Joël Jutge a revu 24 situations du match et conclu que Joubert avait eu raison dans 17 cas, qu’il s’était trompé quatre fois en faveur des All Blacks et trois fois en faveur des Français. Richie McCaw et son entraîneur Graham Henry ont expliqué que leur équipe avait volontairement joué la seconde période de façon à ne concéder aucune pénalité. Chacun garde sa lecture. Le score, lui, ne bouge pas.

Dusautoir est désigné homme du match, avec plus de vingt plaquages selon les décomptes (21 ou 22 suivant les sources). Dans la foulée, l’IRB le nomme meilleur joueur du monde de l’année 2011, second Français à recevoir la distinction après Fabien Galthié en 2002. Le résumé officiel de la rencontre est archivé sur la page de la Fédération française de rugby consacrée à France-Nouvelle-Zélande.
Que reste-t-il de l’automne 2011 ?
Des chiffres, d’abord. Avec 15 points au total, la finale 2011 reste la moins prolifique de l’histoire de la Coupe du monde, et son écart d’un point n’a été égalé qu’en 2023, lors du succès de l’Afrique du Sud contre la Nouvelle-Zélande (12-11). La France y perd sa troisième finale, après 1987 et 1999. À ce jour, elle n’a toujours pas remporté le trophée Webb Ellis.
Un changement d’époque, ensuite. Le 23 octobre au soir, Marc Lièvremont dirige son dernier match, quatre ans presque jour pour jour après sa nomination. Philippe Saint-André lui succède le 1er décembre 2011 et ne remportera aucun Tournoi en quatre ans, avant une élimination 62-13 contre la Nouvelle-Zélande en quart de finale de la Coupe du monde 2015, à Cardiff. La génération de Dusautoir, Harinordoquy, Servat ou Nallet s’efface peu à peu sans avoir soulevé la coupe.
Reste une image, celle d’un groupe que tout disait fini au soir de Wellington et qui a fait douter la meilleure équipe du monde chez elle. Ceux qui ont suivi la finale à la télévision, un dimanche matin d’octobre, se souviennent surtout de la dernière demi-heure, de ces temps de jeu empilés sans que rien ne se passe au tableau d’affichage. Le rugby a ses matchs nuls qui n’en sont pas. Celui-là s’est joué sur un coup de pied de Stephen Donald, un ouvreur que personne n’attendait là, et sur une combinaison en touche. À Wellington, la France avait perdu un match qu’elle aurait dû gagner. À Auckland, elle a perdu celui qu’elle n’aurait jamais dû jouer. Les deux défaites se répondent, et c’est peut-être pour cela qu’on s’en souvient encore.
Questions fréquentes
Qui a gagné la Coupe du monde de rugby 2011 ?
La Nouvelle-Zélande, pays organisateur, a remporté la Coupe du monde de rugby 2011 en battant la France 8-7 en finale, le 23 octobre 2011 à l’Eden Park d’Auckland. C’était le deuxième titre mondial des All Blacks, vingt-quatre ans après le premier, obtenu en 1987 contre la même équipe de France et dans le même stade. L’Australie a pris la troisième place en battant le pays de Galles 21-18.
Quel est le score de la finale de la Coupe du monde de rugby 2011 ?
Nouvelle-Zélande 8, France 7. Tony Woodcock a marqué un essai non transformé à la 15e minute, Stephen Donald a ajouté une pénalité à la 46e. La France a répondu par un essai de Thierry Dusautoir à la 47e, transformé par François Trinh-Duc. Aucun point n’a été inscrit lors des trente-trois dernières minutes. Avec quinze points au total, c’est la finale la moins prolifique de l’histoire du tournoi.
Quel a été le score de France-Tonga en 2011 ?
Les Tonga ont battu la France 19-14, le 1er octobre 2011 au stade régional de Wellington, lors du dernier match de la poule A. Suka Hufanga a marqué le seul essai tongien, Kurt Morath a ajouté quatre pénalités et une transformation. Côté français, Dimitri Yachvili a passé trois pénalités et Vincent Clerc a marqué un essai dans les arrêts de jeu. La France s’est tout de même qualifiée grâce aux points de bonus.
Qui était l’entraîneur de l’équipe de France de rugby en 2011 ?
Marc Lièvremont, sélectionneur du XV de France d’octobre 2007 à la fin de la Coupe du monde 2011. Ancien troisième ligne international, il avait été nommé pour succéder à Bernard Laporte alors qu’il entraînait l’US Dax. Il a remporté le Grand Chelem 2010, confié le capitanat à Thierry Dusautoir en 2009 et mené les Bleus en finale du Mondial 2011, son dernier match à leur tête.
Qui est devenu sélectionneur du XV de France en 2011 ?
Philippe Saint-André, ancien ailier international et entraîneur du RC Toulon, a succédé à Marc Lièvremont. La Fédération française de rugby l’avait désigné avant la fin de la Coupe du monde, et il a pris ses fonctions le 1er décembre 2011, avec Yannick Bru et Patrice Lagisquet comme adjoints. Il est resté en poste jusqu’à la Coupe du monde 2015, avant d’être remplacé par Guy Novès.
Qui a arbitré la finale de la Coupe du monde de rugby 2011 ?
Le Sud-Africain Craig Joubert. Son arbitrage a été vivement critiqué côté français, les joueurs regrettant de n’avoir obtenu aucune pénalité dans le camp néo-zélandais en seconde période. Les analyses sont partagées : l’ancien arbitre français Joël Jutge, après avoir revu 24 situations, a relevé quatre erreurs favorables aux All Blacks et trois favorables aux Bleus, les autres décisions étant jugées correctes.
Signé
Maëlle Castagné Rugby et cyclisme
Écrit sur le rugby et le cyclisme, deux sports de territoires. S'intéresse aux règles autant qu'aux histoires qu'elles fabriquent.