Cyclisme · compétition 14
Tour de France : parcours, classements et vainqueurs depuis 1903
- Création
- 1903 (première édition le 1er juillet 1903)
- Organisateur
- Amaury Sport Organisation (ASO)
- Format
- 21 étapes, 2 jours de repos, environ 3 500 km
- Période
- juillet, arrivée un dimanche
- Arrivée
- Paris, sur les Champs-Élysées depuis 1975 (Nice en 2024)
- Record de victoires
- 5, Anquetil, Merckx, Hinault, Indurain et Pogačar (palmarès arrêté à l’édition 2026)
Le Tour de France est la plus ancienne et la plus prestigieuse des trois grandes courses cyclistes par étapes : 21 étapes courues en juillet, deux jours de repos, près de 3 500 kilomètres sur un parcours qui change chaque année, et une arrivée traditionnelle à Paris. Le vainqueur n’est pas celui qui gagne le plus d’étapes, mais celui qui a passé le moins de temps sur la route. Créé en 1903 par le journal L’Auto, il compte 113 éditions au terme de 2026.
L’essentiel
- Première édition le 1er juillet 1903 : six étapes, 2 428 km, victoire de Maurice Garin. Pas de course de 1915 à 1918 ni de 1940 à 1946.
- Format moderne : 21 étapes et deux jours de repos sur 23 jours, environ 3 500 km, Alpes et Pyrénées au programme.
- Le classement général se calcule au temps cumulé ; son leader porte le maillot jaune, apparu en 1919.
- 23 équipes de huit coureurs depuis 2025, soit 184 partants.
- Palmarès arrêté à l’édition 2026 : cinq victoires pour Anquetil, Merckx, Hinault, Indurain et Pogačar. La France compte 36 succès, le dernier en 1985.
Comment fonctionne le Tour de France ?
Une étape par jour, un vainqueur par étape, et un chronomètre qui ne s’arrête jamais vraiment : le temps de chaque coureur s’additionne d’un soir à l’autre. Celui qui totalise le moins de temps à l’issue de la dernière étape remporte le Tour. On peut donc gagner la Grande Boucle sans lever les bras une seule fois, et tout perdre sur une journée sans jambes en montagne.
Les éditions modernes comptent 21 étapes et deux jours de repos, soit 23 jours de course, pour environ 3 500 kilomètres. Le départ est calé pour que la dernière étape tombe un dimanche de juillet ; l’édition 2020, repoussée par la pandémie de Covid-19, reste la seule courue en septembre. Le tracé change chaque année et se dévoile en octobre, à Paris, alors que la ville du Grand Départ est connue bien plus tôt. Depuis Amsterdam en 1954, la course s’élance régulièrement de l’étranger. Elle appartient à Amaury Sport Organisation (ASO) et figure au calendrier de l’UCI World Tour.
Classements et maillots, en bref
Le classement général au temps désigne le vainqueur. Son leader porte le maillot jaune, couleur des pages de L’Auto, étrenné par Eugène Christophe le 19 juillet 1919 à Grenoble. Des bonifications retranchent 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de chaque étape. Trois classements annexes ont leur tunique : le maillot vert du classement par points, pensé pour les sprinteurs (1953), le maillot à pois rouges du meilleur grimpeur (classement créé en 1933, maillot en 1975) et le maillot blanc du meilleur jeune, 25 ans au plus (1975). S’y ajoutent un classement par équipes et un prix de la combativité. Quand un coureur mène plusieurs classements, il garde le jaune et son suivant porte l’autre maillot. L’histoire de chaque tunique et ses règles d’attribution sont détaillées dans notre article sur les maillots du Tour de France.
Quels types d’étapes trouve-t-on sur le Tour ?
Les étapes de plaine reviennent aux sprinteurs. Une échappée part tôt, le peloton la tient à distance puis revient dans le final. Les suiveurs connaissent le « théorème de Chapatte », du nom de l’ancien coureur devenu journaliste Robert Chapatte : un peloton lancé reprend environ une minute tous les dix kilomètres.
Les étapes accidentées traversent le Massif central, le Jura ou les Vosges, ou s’achèvent au sommet d’une côte raide. Trop dures pour les sprinteurs, pas assez pour creuser de grands écarts, elles sourient aux baroudeurs et aux puncheurs.
Les étapes de montagne, dans les Alpes et les Pyrénées, font et défont le classement général. Les coureurs les moins à l’aise s’y regroupent dans le gruppetto, l’autobus du peloton, avec un seul but : arriver dans les délais, sous peine d’élimination.
Les contre-la-montre opposent les coureurs au chronomètre, seuls ou par équipes. Le premier contre-la-montre individuel du Tour date du 27 juillet 1934, entre La Roche-sur-Yon et Nantes. C’est souvent là que se règle l’équilibre entre grimpeurs et rouleurs.
Équipes et coureurs : qui prend le départ ?
Le Tour se court par équipes de marques depuis 1969, après de longues périodes d’équipes nationales (de 1930 à 1961, puis en 1967 et 1968). Les formations alignaient dix coureurs avant 1987, neuf de 1987 à 2017, huit depuis 2018. Les équipes du World Tour, dix-huit en 2026, sont qualifiées d’office ; les autres places reviennent aux mieux classées des ProTeams, la deuxième division, et aux invitations de l’organisateur. Le plateau est passé de 22 à 23 équipes en 2025.
Chaque équipe s’organise autour d’un leader, parfois d’un sprinteur, et d’équipiers chargés de les abriter du vent ou de durcir le rythme en montagne. Depuis la fin des années 1940, les coureurs d’une même équipe mettent leurs primes en commun.
De L’Auto à la Grande Boucle : l’histoire depuis 1903
L’idée naît d’une guerre de journaux. Pour relancer les ventes de L’Auto, Henri Desgrange retient en novembre 1902 la proposition de son journaliste Géo Lefèvre : une course qui ferait le tour du pays. Le 1er juillet 1903, une soixantaine de coureurs s’élancent de Montgeron pour six étapes via Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes. Maurice Garin l’emporte, et le tirage quotidien du journal passe de 30 000 à 65 000 exemplaires. L’édition 1904 tourne au scandale : les quatre premiers sont déclassés pour infractions au règlement et la victoire revient à Henri Cornet, 19 ans, toujours le plus jeune vainqueur.

La haute montagne entre en scène en 1910 avec les Pyrénées, puis en 1911 avec les Alpes. En 1930, Desgrange impose les équipes nationales. Après la Libération, L’Équipe et Le Parisien libéré reprennent l’organisation, et Jacques Goddet dirige la course jusqu’en 1987. La télévision s’y installe dès 1948. Le dopage en assombrit plusieurs pages : les sept victoires de Lance Armstrong, de 1999 à 2005, lui ont été retirées en 2012 sans être réattribuées.
Quels sont les cols mythiques du Tour de France ?
Le col du Tourmalet (2 115 m), franchi dès 1910, est le premier sommet de plus de 2 000 mètres de l’histoire de la course et le col qu’elle a le plus souvent emprunté. Le Galibier, gravi pour la première fois en 1911, porte depuis 1947 le souvenir Henri-Desgrange, remis au premier coureur au sommet.
L’Alpe d’Huez tient sa légende de ses 21 virages : 13,8 km à 8,1 % de moyenne. La première arrivée, en 1952, est gagnée par Fausto Coppi, et la station accueille régulièrement la course depuis 1976. Le mont Ventoux, découvert en 1951, doit son surnom de « mont Chauve » à son sommet de cailloux blancs, livré au vent. Le puy de Dôme reste associé au coude-à-coude entre Jacques Anquetil et Raymond Poulidor en 1964 ; délaissé après 1988, il a retrouvé le Tour en 2023.

La route de la Bonette (2 802 m), la plus haute jamais empruntée par la course, a été franchie en 1962, 1964, 1993, 2008 et 2024.
Qui a gagné le plus de Tours de France ?
Cinq coureurs se partagent le record de cinq victoires, Tadej Pogačar ayant rejoint Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain en 2026. Indurain est le seul à avoir gagné ses cinq Tours d’affilée. Palmarès arrêté à l’édition 2026 :
| Coureur | Pays | Victoires | Éditions |
|---|---|---|---|
| Jacques Anquetil | France | 5 | 1957, 1961, 1962, 1963, 1964 |
| Eddy Merckx | Belgique | 5 | 1969, 1970, 1971, 1972, 1974 |
| Bernard Hinault | France | 5 | 1978, 1979, 1981, 1982, 1985 |
| Miguel Indurain | Espagne | 5 | 1991 à 1995 |
| Tadej Pogačar | Slovénie | 5 | 2020, 2021, 2024, 2025, 2026 |
| Chris Froome | Royaume-Uni | 4 | 2013, 2015, 2016, 2017 |
| Philippe Thys | Belgique | 3 | 1913, 1914, 1920 |
| Louison Bobet | France | 3 | 1953, 1954, 1955 |
| Greg LeMond | États-Unis | 3 | 1986, 1989, 1990 |
Sur 113 éditions, 106 ont un vainqueur, partagées entre 64 coureurs. La France mène avec 36 victoires, devant la Belgique (18) et l’Espagne (12). Mark Cavendish détient le record de victoires d’étape (35), devant Merckx (34). Raymond Poulidor compte huit podiums sans avoir jamais porté le maillot jaune.
Pourquoi le Tour de France finit-il à Paris ?
Parce qu’il y est né. Les deux premières arrivées sont jugées à Ville-d’Avray, aux portes de la capitale. De 1905 à 1967, le Tour s’achève au vélodrome du Parc des Princes, puis de 1968 à 1974 à la Cipale, dans le bois de Vincennes. Depuis 1975, il se termine sur les Champs-Élysées, avec un tour de l’Arc de Triomphe ajouté au circuit final en 2013.
Trois entorses ont marqué cette tradition. En 1989, l’ultime étape est un contre-la-montre où Greg LeMond reprend 58 secondes à Laurent Fignon et gagne pour 8 secondes, le plus faible écart de l’histoire. En 2024, les Jeux olympiques de Paris déplacent l’arrivée à Nice, première arrivée finale hors d’Île-de-France. En 2025, le retour à Paris s’accompagne de trois passages sur la butte Montmartre avant la ligne.
Comment suivre le Tour de France ?
Un classement du Tour se lit en écarts plus qu’en rangs : une minute de retard au pied des Alpes ne pèse pas pareil selon qu’il reste un contre-la-montre ou non. Le règlement et les profils d’étapes sont publiés sur le site officiel du Tour de France. En France, la course est retransmise par France Télévisions.
Questions fréquentes
Qui a remporté 7 fois le Tour de France ?
L’Américain Lance Armstrong a franchi la ligne en vainqueur sept années de suite, de 1999 à 2005. Ses résultats obtenus à partir du 1er août 1998 lui ont été retirés en 2012 pour infractions à la réglementation antidopage, et ces sept éditions n’ont pas été réattribuées. Le record officiel reste donc de cinq victoires.
Quel Français a gagné 5 fois le Tour de France ?
Deux Français ont gagné cinq Tours. Jacques Anquetil, premier coureur à atteindre ce total, s’est imposé en 1957 puis de 1961 à 1964. Bernard Hinault l’a imité en 1978, 1979, 1981, 1982 et 1985. Ils partagent le record avec Eddy Merckx, Miguel Indurain et Tadej Pogačar.
Qui est le dernier Français à avoir gagné le Tour de France ?
Bernard Hinault, en 1985, pour sa cinquième victoire. Aucun Français ne s’est imposé depuis, palmarès arrêté à l’édition 2026. La France reste la nation la plus titrée, avec 36 victoires obtenues par 21 coureurs différents. Laurent Fignon, deuxième en 1989 à 8 secondes de Greg LeMond, est passé tout près de lui succéder.
Comment se calcule le classement général du Tour de France ?
On additionne le temps de chaque coureur sur toutes les étapes, on retranche les bonifications (10, 6 et 4 secondes pour les trois premiers d’une étape) et on ajoute d’éventuelles pénalités. Le plus faible temps cumulé porte le maillot jaune ; celui qui le garde au soir de la dernière étape gagne le Tour, même sans victoire d’étape.
Le Tour de France se termine-t-il toujours sur les Champs-Élysées ?
Presque toujours depuis 1975. Auparavant, l’arrivée finale se jugeait au Parc des Princes (1905 à 1967), puis à la Cipale, dans le bois de Vincennes (1968 à 1974). Seule exception : en 2024, les Jeux olympiques de Paris ont déplacé l’arrivée à Nice. Depuis 2025, l’étape finale passe par Montmartre avant les Champs-Élysées.