Tie-break au tennis : règles, comptage et cas particuliers
Par Hugo Renaudin · · 14 min de lecture
À six jeux partout, l’arbitre annonce « jeu décisif » et le comptage change d’un coup : on ne dit plus 15, 30, 40, on compte 1, 2, 3. Le tie-break se gagne au premier joueur qui atteint 7 points avec 2 points d’écart. Celui dont c’est le tour sert un point, puis chacun sert deux fois à tour de rôle, et l’on change de côté tous les 6 points. Voici la règle complète, le super tie-break à 10 points et la règle commune du dernier set en Grand Chelem.
L’essentiel
- Le tie-break (jeu décisif) se joue à 6 jeux partout : le premier à 7 points avec 2 points d’avance gagne la manche, notée 7-6.
- Service : 1 point pour le joueur dont c’était le tour, puis 2 points chacun en alternance. Le premier point se sert du côté droit.
- On change de côté tous les 6 points, sans pause. Le tie-break compte pour un seul jeu.
- Le super tie-break se gagne à 10 points avec 2 d’écart : il remplace la troisième manche (formats 2 à 7 de la FFT) ou tranche la manche décisive à 6-6.
- Depuis Roland-Garros 2022, les quatre tournois du Grand Chelem jouent un tie-break en 10 points à 6-6 dans le dernier set.
- Imaginé par l’Américain James Van Alen, le jeu décisif a été testé à Newport en 1965 et adopté par l’US Open en 1970.
Quelles sont les règles du tie-break au tennis ?
Commençons par une confusion fréquente : le tie-break ne se déclenche pas à 5-5. À 5 jeux partout, la manche continue, parce qu’il faut deux jeux d’écart pour la gagner. À 6-5, le joueur en tête peut conclure 7-5. C’est seulement à 6 jeux chacun que l’on dispute ce treizième jeu particulier, le jeu décisif.
Le règlement de la Fédération internationale de tennis (ITF) prévoit deux formules de manche. La « manche à avantage » continue tant qu’un joueur n’a pas deux jeux d’avance, sans limite. La « manche avec jeu décisif » s’arrête à 6-6 pour un tie-break. L’organisateur annonce la formule à l’avance, dernière manche comprise. La seconde est devenue la norme, du tournoi de club au Grand Chelem.
Pendant le tie-break, on compte zéro, 1, 2, 3, et ainsi de suite. Le premier joueur ou la première équipe à sept points gagne le jeu et la manche, à condition d’avoir deux points d’écart. Sinon, on continue jusqu’à ce que cet écart soit fait. Un tie-break peut donc finir 7-0, 8-6 ou 12-10 : il n’a pas de plafond.

Comment un tie-break s’écrit dans un score
Une manche gagnée au tie-break s’inscrit toujours 7-6. On ajoute souvent entre parenthèses les points du perdant : « 7-6 (5) » signifie un tie-break gagné 7-5, « 7-6 (8) » un tie-break gagné 10-8, puisque le vainqueur devait mener de deux points. Certains résultats donnent le détail complet, « 7-6 (10-8) ».
Qui sert pendant un tie-break, et qui sert après ?
C’est le moment où deux joueurs de club se regardent, raquette en main, à 6-6. La règle ITF tient pourtant en trois lignes. Le joueur dont c’est le tour de servir engage le premier point. L’adversaire sert les deux suivants. Ensuite, chacun sert deux points consécutifs, à tour de rôle, jusqu’à la fin. En double, la rotation au sein de chaque équipe se poursuit dans l’ordre de la manche.
Le premier point se sert du côté droit, puis on alterne gauche, droite. Chaque serveur commence donc sa série de deux points à gauche et la termine à droite. Le repère que je trouve le plus simple sur un court : quand le total des points joués est pair (0, 2, 4, 6…), on sert à droite ; quand il est impair, à gauche.
Après le tie-break, le joueur qui a servi le premier point devient receveur au premier jeu de la manche suivante. Le jeu décisif compte comme un jeu de service pour lui, et l’alternance reprend normalement.
| Point | Serveur | Côté du service | À noter |
|---|---|---|---|
| 1 | A | Droite | A devait servir le 13e jeu |
| 2 et 3 | B | Gauche, puis droite | |
| 4 et 5 | A | Gauche, puis droite | |
| 6 | B | Gauche | Changement de côté après ce point |
| 7 | B | Droite | B finit sa série de l’autre côté |
| 8 et 9 | A | Gauche, puis droite | |
| 10 et 11 | B | Gauche, puis droite | |
| 12 | A | Gauche | Changement de côté après ce point |
| 13 | A | Droite | Le cycle continue tant que l’écart n’est pas fait |
Exemple type, hypothèses explicites : Anne a servi le premier jeu de la manche, donc les jeux impairs. Le douzième jeu, servi par Brigitte, amène 6-6. Anne sert le point 1, Brigitte les points 2 et 3, et le tableau s’applique. Quel que soit le vainqueur du tie-break, c’est Brigitte qui servira le premier jeu de la manche suivante.

Quand change-t-on de côté pendant un tie-break ?
Tous les six points : après le 6e, le 12e, le 18e. Ce changement tombe au milieu d’une série de service, ce qui déroute souvent : le joueur qui vient de servir le sixième point change de côté et sert le septième depuis l’autre bout du court. L’objectif est l’équité face au vent et au soleil.
Le règlement fixe aussi le rythme : 25 secondes au maximum entre deux points, 90 secondes lors d’un changement de côté en fin de jeu. Pendant un tie-break, en revanche, le jeu est continu et l’on change de côté sans s’asseoir. À la fin du jeu décisif, les joueurs changent encore de côté, puisque la manche s’est terminée sur treize jeux, un nombre impair.
Pour le changement de balles, le tie-break compte pour un jeu. Si des balles neuves étaient prévues au début du jeu décisif, le changement est repoussé au deuxième jeu de la manche suivante.
Quelle est la différence entre un tie-break et un super tie-break ?
Le super tie-break, « super jeu décisif » dans les textes de la Fédération française de tennis (FFT), se gagne à 10 points avec 2 points d’écart. Service et changements de côté suivent les mêmes règles. Il a deux usages qu’on mélange souvent.
Le premier consiste à remplacer une manche entière. À une manche partout, on joue directement un tie-break en 10 points, le « match tie-break » de l’ITF. Une pause de 120 secondes le précède et l’on ne change pas les balles juste avant. En France, il compte comme une manche gagnée avec un jeu d’écart. Le double professionnel l’a adopté en 2006 sur le circuit ATP et en 2007 sur le circuit WTA, après un premier essai à l’Open 13 de Marseille en 2002.
Le second consiste à trancher une manche décisive arrivée à 6-6, comme en Grand Chelem. Si vous jouez en compétition en France, c’est le premier usage que vous croiserez : sur les sept formats de match définis par les règlements sportifs 2026 de la FFT, six remplacent la troisième manche par un super jeu décisif.
| Format FFT | Manches | Point décisif | Jeu décisif | Troisième manche |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 3 manches à 6 jeux | Non | À 6-6 | Manche normale |
| 2 | 2 manches à 6 jeux | Non | À 6-6 | Super jeu décisif à 10 points |
| 3 | 2 manches à 4 jeux | Oui | À 4-4 | Super jeu décisif à 10 points |
| 4 | 2 manches à 6 jeux | Oui | À 6-6 | Super jeu décisif à 10 points |
| 5 | 2 manches à 3 jeux | Oui | À 2-2 | Super jeu décisif à 10 points |
| 6 | 2 manches à 4 jeux | Oui | À 3-3 | Super jeu décisif à 10 points |
| 7 | 2 manches à 5 jeux | Oui | À 4-4 | Super jeu décisif à 10 points |
Le dernier set en Grand Chelem : 10 points à 6-6 depuis 2022
Pendant un demi-siècle, chaque tournoi du Grand Chelem a eu sa propre règle pour la manche décisive. De 1970 à 2018, seul l’US Open y jouait un tie-break. Ailleurs, on allait jusqu’aux deux jeux d’écart, ce qui a produit le match le plus long de l’histoire : à Wimbledon en 2010, John Isner a battu Nicolas Mahut 70-68 dans la cinquième manche, après plus de onze heures de jeu étalées sur trois jours.
En 2019, après deux demi-finales interminables l’année précédente, Wimbledon a introduit un tie-break classique à 12-12 dans le dernier set, tandis que l’Open d’Australie optait pour un tie-break en 10 points à 6-6. Roland-Garros n’en jouait toujours pas. Quatre tournois, quatre règles.
Le 16 mars 2022, le Grand Slam Board a annoncé une règle commune, au nom de la cohérence : à 6-6 dans la dernière manche, le premier à 10 points avec 2 points d’avance l’emporte. Elle vaut pour les qualifications, les simples et doubles messieurs et dames, ainsi que les simples fauteuil et juniors, depuis Roland-Garros 2022. En double mixte, en double juniors et en double fauteuil, l’Open d’Australie, Roland-Garros et l’US Open remplacent carrément la manche décisive par ce tie-break en 10 points.
| Tournoi | En 2018 | De 2019 à 2021 | Depuis 2022 |
|---|---|---|---|
| Open d’Australie | Pas de tie-break, 2 jeux d’écart | 10 points à 6-6 | 10 points à 6-6 |
| Roland-Garros | Pas de tie-break, 2 jeux d’écart | Pas de tie-break, 2 jeux d’écart | 10 points à 6-6 |
| Wimbledon | Pas de tie-break, 2 jeux d’écart | 7 points à 12-12 | 10 points à 6-6 |
| US Open | 7 points à 6-6 | 7 points à 6-6 | 10 points à 6-6 |
La finale de Wimbledon 2019 s’est jouée sur le tie-break à 12-12, gagné 7-3 par Novak Djokovic face à Roger Federer. Et la finale de Roland-Garros 2025 a basculé dans le nouveau format : Carlos Alcaraz a battu Jannik Sinner 4-6, 6-7 (4), 6-4, 7-6 (3), 7-6 (10-2) en 5 h 29, après avoir sauvé trois balles de match dans la quatrième manche.
Pourquoi 10 points au tie-break ?
Un peu d’arithmétique aide à comprendre. Une manche demande au minimum 24 points gagnés, six jeux de quatre points. Un tie-break classique peut se boucler en 7 points, un super tie-break en 10. Plus la séquence est longue, moins un point heureux, une balle qui accroche la bande ou un faux rebond, décide seul de l’issue.
En 7 points, un seul mini-break (un point gagné sur le service adverse) suffit souvent. En 10 points, il faut traverser davantage de séries de service, et le joueur mené a plus d’occasions de revenir. L’entraîneur Gilles Cervara, interrogé par le site We Are Tennis, comparait le tie-break à un 100 mètres et le super tie-break à un 200 ou un 400 mètres : le départ compte, mais il faut ensuite tenir.
Mon avis de pratiquant : pour une manche décisive après trois ou quatre heures de jeu, ce compromis est juste. Il évite les marathons qui épuisent les joueurs pour le tour suivant, sans réduire un duel en cinq sets à une loterie de quelques points.
Jimmy Van Alen, Newport et l’invention du tie-break
Le jeu décisif a un père : James « Jimmy » Van Alen, un Américain qui voulait raccourcir les matches, notamment pour la télévision. Avant lui, certains scores devenaient absurdes. À Wimbledon en 1969, Pancho Gonzales avait battu Charlie Pasarell 22-24, 1-6, 16-14, 6-3, 11-9, soit 112 jeux sur deux jours.
Van Alen fait tester son idée en 1965, lors d’un tournoi professionnel qu’il organise au Newport Casino, dans le Rhode Island. Il propose deux versions. La première se gagne au premier à cinq points, en neuf points au maximum : à 4-4, un seul point décide, d’où son surnom de « mort subite ». La seconde, au premier à sept points avec deux d’écart, est celle que nous jouons aujourd’hui. Van Alen, qui préférait la première, la moquait comme une « mort lente ».

L’US Open est le premier tournoi du Grand Chelem à l’adopter, en 1970, avec la version en neuf points à 6-6 dans toutes les manches, avant de passer aux sept points en 1975. Wimbledon s’y met en 1971, mais à 8-8, puis s’aligne sur 6-6 en 1979. La Coupe Davis résiste plus longtemps : le jeu décisif n’y entre qu’en 1989, et la cinquième manche n’est concernée qu’à partir de 2016.
Des tie-breaks entrés dans l’histoire
Le plus célèbre reste celui de la finale de Wimbledon 1980 : au quatrième set, John McEnroe l’emporte 18-16 face à Björn Borg après avoir sauvé cinq balles de match, avant que Borg ne gagne le titre 8-6 dans la cinquième manche. En demi-finale de Wimbledon 1991, Stefan Edberg perd face à Michael Stich 4-6, 7-6, 7-6, 7-6 sans avoir cédé une seule fois son service. Côté records, le plus long tie-break du circuit ATP moderne s’est terminé 24-22, soit 46 points, en demi-finale à Dallas en 2022, gagné par Reilly Opelka face à John Isner.
Comment compter les points au tennis : 15, 30, 40 et avantage
Pour situer le tie-break, revenons au comptage classique. Un jeu normal se compte zéro, 15, 30, 40, puis jeu, en annonçant d’abord le score du serveur. À 40 partout, on dit « égalité ». Le point suivant donne « avantage » à celui qui le gagne ; s’il gagne aussi le suivant, il remporte le jeu, sinon retour à égalité. Il faut donc deux points consécutifs après l’égalité.
Le point décisif supprime cette phase : à 40 partout, un seul point décide du jeu, et le receveur choisit de recevoir à droite ou à gauche. En double mixte, c’est le joueur du même sexe que le serveur qui reçoit. La FFT l’impose notamment chez les 10 ans et moins, dans les doubles des tournois de clubs et des tournois multi-chances (TMC), et dans les doubles des championnats de France individuels.
Une manche se gagne à 6 jeux avec deux jeux d’écart ; à 6-6, place au tie-break. Un match se joue au meilleur des trois manches ou des cinq. Le format long est surtout réservé au simple messieurs du Grand Chelem. Dans les compétitions homologuées par la FFT, toutes les catégories jouent au meilleur des trois manches.
D’où viennent 15, 30 et 40 ?
Personne ne le sait avec certitude. La plus ancienne trace d’un score en « quarante-cinq » figure dans une ballade de Charles d’Orléans datée de 1435. Une hypothèse évoque un cadran d’horloge découpé en quarts d’heure, le 45 ayant été raccourci en 40. Une autre la rattache au jeu de paume et à la distance dont le serveur avançait après chaque point. Une troisième la relie au comptage en base 60 de l’époque médiévale. Aucune n’est prouvée. Le tie-break, lui, a tranché à sa manière en revenant au 1, 2, 3.
Le texte de référence reste le règlement publié chaque année par la Fédération internationale, disponible sur la page Rules and Regulations de l’ITF. La décision commune des tournois du Grand Chelem est détaillée dans l’annonce publiée par l’Open d’Australie.
Questions fréquentes
Combien de points faut-il pour gagner un tie-break ?
Il faut atteindre 7 points avec au moins 2 points d’écart. À 6-6 dans le tie-break, personne ne peut gagner sur le point suivant : on continue jusqu’à ce qu’un joueur mène de deux points, par exemple 8-6 ou 11-9. Le super tie-break, utilisé à la place d’une troisième manche ou dans le dernier set en Grand Chelem, se gagne à 10 points, toujours avec 2 points d’avance.
Qui sert en premier après un tie-break ?
C’est l’autre joueur. Le règlement ITF prévoit que celui qui a servi le premier point du tie-break sera receveur au premier jeu de la manche suivante. Le jeu décisif compte comme un jeu de service pour celui qui l’a entamé, et l’alternance reprend normalement. Les joueurs changent aussi de côté avant ce premier jeu, puisque la manche s’est terminée sur treize jeux.
Quelle est la différence entre un tie-break et un super tie-break ?
Le tie-break classique se gagne à 7 points et départage une manche arrivée à 6-6. Le super tie-break se gagne à 10 points. Il remplace soit une manche entière à une manche partout, comme en double et dans les formats FFT 2 à 7, soit il tranche une manche décisive à 6-6, comme en Grand Chelem depuis 2022. Service et changements de côté suivent les mêmes règles.
Quelle est la durée d’un set au tennis ?
Aucune durée n’est fixée : une manche dure le temps qu’il faut pour qu’un joueur gagne six jeux avec deux d’écart, ou le tie-break à 6-6. Le règlement encadre seulement les pauses : 25 secondes au maximum entre deux points, 90 secondes aux changements de côté et 120 secondes entre deux manches. Pendant un tie-break, le jeu est continu.
Pourquoi joue-t-on en deux ou trois sets gagnants ?
Le règlement ITF autorise le meilleur des trois manches, où il faut en gagner deux, et le meilleur des cinq, où il en faut trois. Le format long est surtout réservé au simple messieurs des tournois du Grand Chelem, comme à Roland-Garros, où les dames jouent en deux manches gagnantes. En France, les compétitions homologuées par la FFT se disputent au meilleur des trois manches.
Que signifie « 7-6 (5) » dans un score de tennis ?
Le 7-6 indique que la manche s’est jouée au tie-break. Le chiffre entre parenthèses donne les points du perdant du jeu décisif : « 7-6 (5) » correspond à un tie-break gagné 7-5. Au-delà de 5, ajoutez deux points pour trouver le score du vainqueur : « 7-6 (8) » signifie 10-8. Certains résultats affichent directement le détail, « 7-6 (10-8) ».
Signé
Hugo Renaudin Tennis, course à pied, préparation
Coureur amateur et joueur de club, il traite le tennis, la course à pied et la préparation physique en partant des questions que se posent les pratiquants.