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VAR au football : comment fonctionne l’arbitrage vidéo

Le moniteur VAR de la zone de visionnage au bord du terrain, affichant le logo VAR de la Coupe du monde 2026, lors de Brésil-Maroc le 13 juin 2026
Photo : Bryan Berlin, licence CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

La VAR, pour video assistant referee, désigne l’arbitre assistant vidéo et, par extension, tout le dispositif d’assistance vidéo à l’arbitrage : une équipe d’arbitres installée devant des écrans, qui vérifie chaque action décisive et n’intervient qu’en cas d’erreur claire et évidente. Son champ est fixé par le protocole de l’IFAB : buts, penalties, cartons rouges directs, erreur sur l’identité du joueur sanctionné et, depuis les Lois du jeu 2026-2027, second carton jaune manifestement injustifié et corner accordé à tort. La décision finale reste toujours celle de l’arbitre central, qui peut aller revoir l’action lui-même sur le moniteur du bord du terrain.

L’essentiel

  • VAR signifie video assistant referee : c’est d’abord une personne, l’arbitre assistant vidéo, puis par extension tout le système d’assistance vidéo à l’arbitrage.
  • La VAR ne peut intervenir qu’en cas d’« erreur manifeste » (clear and obvious error) ou d’incident grave manqué, sur une liste fermée de situations : but, penalty, carton rouge direct, identité du joueur sanctionné, et depuis le 1er juillet 2026 second jaune erroné et corner accordé à tort (au choix des compétitions).
  • L’arbitre central décide seul : il suit l’information de la VAR ou va revoir les images au bord du terrain (on-field review). Le protocole ne fixe aucune limite de temps.
  • Repères : essais autorisés par l’IFAB le 6 mars 2016, première utilisation en compétition FIFA le 14 décembre 2016, entrée dans les Lois du jeu le 3 mars 2018, Ligue 1 depuis la saison 2018-2019.
  • Chiffre officiel : au premier tour de la Coupe du monde 2018 (48 matchs), la FIFA a recensé 335 incidents vérifiés, 17 révisions et 14 décisions modifiées, avec un taux de décisions justes passé de 95 % à 99,3 %.

C’est quoi le VAR en football ?

Commençons par l’expression elle-même. « Arbitrage vidéo » est entré dans la langue courante, et décrit mal la chose. Personne, dans la salle vidéo, n’a le pouvoir de siffler, d’accorder un but ou de sortir un carton. Le protocole de l’IFAB, l’instance qui écrit les Lois du jeu, le formule sans détour : l’arbitre assistant vidéo a le même statut que les autres arbitres du match et ne peut qu’assister l’arbitre principal. Il recommande, l’arbitre décide.

VAR est l’acronyme anglais de video assistant referee, littéralement « arbitre assistant vidéo ». Le sigle désigne donc d’abord un officiel, souvent un arbitre de haut niveau, qui suit la rencontre devant des écrans. Il est épaulé par un ou plusieurs adjoints, les AVAR, et par des techniciens chargés de sortir les ralentis et les angles de caméra. D’où une querelle de genre que les chroniqueurs ont prise très au sérieux : en toute logique, on devrait dire « le VAR » pour parler de l’arbitre vidéo quand c’est un homme. L’usage français a pourtant tranché pour « la VAR », entendue comme l’assistance vidéo à l’arbitrage dans son ensemble. Le Monde y a consacré une chronique en novembre 2019, ce qui donne une idée de l’intensité du débat. Les textes officiels de l’IFAB en français contournent l’obstacle en parlant d’« assistance vidéo à l’arbitrage » pour le système et d’« arbitre assistant vidéo » pour la personne. On suivra ici l’usage courant : la VAR pour le dispositif.

La nuance entre recommander et décider fixe l’ordre des opérations. L’arbitre de terrain doit toujours prendre une décision initiale, comme si la vidéo n’existait pas, avec les sanctions qui vont avec. Il n’a pas le droit d’arrêter le jeu sans trancher en attendant que la vidéo le fasse à sa place. Laisser jouer après un contact dans la surface est d’ailleurs une décision en soi, et c’est elle qui sera examinée. L’IFAB a résumé cette philosophie en une formule : interférence minimale, bénéfice maximal.

Concrètement, la VAR vérifie automatiquement chaque but, chaque situation de penalty, chaque carton rouge direct, réel ou potentiel. Dans la plupart des cas, la vérification ne révèle rien qui justifie une correction et personne ne s’en aperçoit : le protocole parle de « vérification silencieuse ». Le public ne remarque la VAR que lorsqu’elle trouve quelque chose, ce qui entretient l’idée fausse qu’elle travaille rarement. Elle travaille en réalité tout le match, et se tait presque tout le temps.

Quelles situations la VAR peut-elle revoir ?

C’est le point le plus mal connu, et celui qui explique la majorité des incompréhensions. La VAR ne revoit pas « tout ce qui est important ». Elle revoit une liste fermée de situations, jugées capables de changer le cours d’un match. Pendant huit saisons, cette liste a tenu en quatre catégories. Les Lois du jeu 2026-2027, adoptées par l’assemblée générale de l’IFAB le 28 février 2026 à Hensol, au pays de Galles, et en vigueur depuis le 1er juillet 2026, l’ont élargie. Le détail figure dans le protocole officiel d’assistance vidéo à l’arbitrage publié par l’IFAB.

Catégorie Ce que la VAR peut examiner Depuis
But Faute, main ou hors-jeu de l’équipe qui attaque dans l’action du but, ballon sorti avant le but, ballon entré ou non, infraction du gardien ou du tireur et empiètement sur un penalty 2018
Penalty Penalty accordé à tort ou oublié, faute commise dans ou hors de la surface, infraction de l’équipe qui attaque ou ballon sorti avant l’incident 2018
Carton rouge direct Occasion de but manifeste annihilée, faute grossière, comportement violent, morsure ou crachat, propos ou gestes injurieux 2018
Second carton jaune Exclusion consécutive à un second avertissement manifestement injustifié 2026-2027
Identité erronée Carton jaune ou rouge donné au mauvais joueur, y compris quand l’arbitre sanctionne la mauvaise équipe 2018, élargi en 2026-2027
Corner Corner manifestement accordé à tort, si la correction est immédiate et ne retarde pas la reprise, au choix de chaque compétition 2026-2027

Tout le reste échappe à la vidéo. Un premier carton jaune discutable, une touche donnée à la mauvaise équipe, un coup franc au milieu du terrain : la VAR regarde les mêmes images que tout le monde et n’a pas le droit d’intervenir. Autre règle souvent ignorée, une fois le jeu repris après un arrêt, la décision qui a précédé la reprise devient définitive. Deux exceptions seulement survivent à la reprise : l’erreur d’identité et les infractions passibles d’exclusion, comme un comportement violent, un crachat ou des propos injurieux.

Pour un but, un penalty ou une occasion de but manifeste annihilée, la VAR peut en revanche remonter le fil de l’action, jusqu’à la manière dont l’équipe qui attaque a récupéré le ballon. C’est ce qu’on appelle la phase d’attaque, et c’est ce qui explique qu’un but soit parfois annulé pour une faute commise plusieurs passes plus tôt. Frustrant pour le buteur, parfaitement conforme au texte.

Erreur claire et évidente : le seuil qui explique tout

La deuxième clé tient en trois mots. La VAR ne corrige pas les décisions discutables, elle corrige les erreurs claires et évidentes : clear and obvious errors dans la version anglaise des Lois, « erreurs manifestes » dans la traduction française officielle. Elle intervient aussi en cas d’« incident grave manqué », quand un fait majeur a échappé à tout le corps arbitral. En dehors de ces deux cas, la décision initiale de l’arbitre tient, même si le ralenti laisse planer un doute. Le protocole précise que cela vaut aussi pour les décisions prises sur l’information d’un autre arbitre, typiquement le drapeau d’un assistant sur un hors-jeu.

Ce seuil produit une scène que tout téléspectateur connaît. La réalisation passe trois fois un contact dans la surface, les consultants se disputent, et rien ne se passe. Ce n’est pas une panne. Si des arbitres compétents peuvent raisonnablement défendre les deux lectures, l’erreur n’est pas manifeste, et la VAR doit se taire. On peut trouver le critère frustrant. Il a au moins le mérite d’éviter que chaque match soit rejoué image par image depuis une salle fermée.

Le protocole distingue deux familles de décisions. Les décisions factuelles, comme la position d’un joueur au moment d’une passe, le point de contact d’une faute, l’endroit où elle a été commise ou la sortie du ballon, se vérifient au ralenti et relèvent en général de la seule VAR. Les décisions subjectives, comme l’intensité d’une faute, une main ou l’influence d’un joueur hors-jeu sur un adversaire, s’apprécient à vitesse réelle et justifient que l’arbitre aille voir par lui-même. La consigne n’a rien d’anodin : un tacle décomposé image par image paraît souvent plus brutal qu’en mouvement, d’où l’obligation de juger l’intensité à vitesse normale.

Comment se déroule une intervention de la VAR ?

Le protocole décrit une procédure en cinq temps, identique de la Coupe du monde à la Ligue 1.

  1. La décision initiale. L’arbitre siffle, ou laisse jouer, exactement comme sans vidéo. Ses assistants peuvent retarder le drapeau de hors-jeu quand une équipe file vers le but, pour ne pas tuer une action que la vidéo validerait ensuite.
  2. La vérification. La VAR passe l’action en revue sous plusieurs angles et à plusieurs vitesses. Si la reprise du jeu est retardée, l’arbitre le signale en portant un doigt à son oreillette, l’autre bras tendu.
  3. La recommandation. Si la vérification révèle une erreur probable, la VAR la décrit à l’arbitre. Elle ne peut que recommander une révision : seul l’arbitre la déclenche.
  4. La révision. Deux options. Soit l’arbitre tranche sur la base de la description de la VAR sans quitter le terrain, ce qui est la règle pour les faits objectifs ; soit il se rend à la zone de visionnage, au bord du terrain, pour regarder les images lui-même. C’est l’on-field review, recommandée pour les appréciations subjectives.
  5. La décision finale. L’arbitre dessine avec les mains le contour d’un écran, le signal « télévision », puis indique sa décision et fait reprendre le jeu selon les Lois.

Aucune durée maximale n’est fixée, et le texte l’assume : la justesse de la décision finale prime sur la vitesse. Les joueurs, eux, ont des obligations précises. Ils ne doivent pas entourer l’arbitre ni tenter d’influencer la procédure, et restent sur le terrain pendant la révision, les remplaçants en dehors. Celui qui mime avec insistance le signal de l’écran reçoit un avertissement, tout comme celui qui pénètre dans la zone de visionnage. Entrer dans la salle vidéo elle-même vaut une exclusion, ce qui suppose un joueur très motivé et un bon sens de l’orientation.

Qui travaille dans la salle VAR ?

La salle de visionnage, souvent désignée par son sigle anglais VOR (video operation room), réunit l’arbitre assistant vidéo, un ou plusieurs adjoints et des techniciens, dont le nombre dépend du nombre de caméras. L’arbitre vidéo dispose d’un accès indépendant aux images du diffuseur et de leur contrôle : c’est lui qui choisit l’angle et la vitesse de ralenti envoyés sur le moniteur quand l’arbitre vient visionner une action. L’arbitre peut en demander d’autres.

La VAR entend en permanence les échanges des arbitres de terrain, mais ne peut leur parler qu’en appuyant sur un bouton, pour que l’arbitre ne soit pas distrait par les conversations de la salle. Quand elle est absorbée par une vérification, son adjoint prend le relais sur le direct et peut, au besoin, parler à l’arbitre pour faire arrêter le jeu ou retarder sa reprise. Seules les personnes autorisées peuvent entrer dans la salle ou communiquer avec ses occupants.

Une régie de télévision avec un mur d'écrans de contrôle et une opératrice de dos devant le pupitre
Une régie de télévision, photo d’illustration : la salle VAR n’est pas une régie, mais elle travaille avec les images produites par le diffuseur du match, sur un mur d’écrans comparable · Photo : Tahir Xəlfəquliyev / Pexels

La salle peut se trouver au stade, dans un camion garé à proximité ou dans un centre unique qui traite plusieurs matchs à la fois. Lors de la Coupe du monde 2018, la FIFA avait tout centralisé à Moscou : pour chaque rencontre, un arbitre assistant vidéo, trois adjoints, tous arbitres internationaux, et quatre techniciens, avec deux caméras dédiées au hors-jeu en plus du signal des diffuseurs. Un représentant de la FIFA était chargé d’expliquer aux télévisions et aux commentateurs pourquoi la vidéo était consultée et ce qu’elle avait conclu.

Hors-jeu semi-automatique : ce que fait la machine, et ce qu’elle ne fait pas

Le hors-jeu est la plus factuelle des décisions du football, et longtemps l’une des plus lentes à vérifier. Sans automatisation, l’arbitre vidéo doit choisir lui-même l’image où le ballon quitte le pied du passeur, puis tracer les lignes virtuelles passant par l’attaquant et l’avant-dernier défenseur. Deux sources d’imprécision s’additionnent : le choix de l’image et le placement des lignes. D’où ces vérifications de plusieurs minutes pour quelques centimètres, et ces genoux ou ces épaules devenus célèbres à force d’être zoomés.

La technologie semi-automatique de détection du hors-jeu a été utilisée pour la première fois en Coupe du monde au Qatar, en novembre 2022. Le dispositif décrit par la FIFA reposait sur douze caméras de suivi installées sous le toit des stades, capables de suivre jusqu’à 29 points du corps de chaque joueur, 50 fois par seconde, et sur un capteur logé dans le ballon qui transmettait ses données 500 fois par seconde pour situer l’instant exact de la passe. Quand un attaquant qui se trouvait en position de hors-jeu reçoit le ballon, le système alerte automatiquement la salle vidéo. L’UEFA l’a adopté en Ligue des champions dès la saison 2022-2023, la Premier League à partir du 12 avril 2025.

Un cadreur de télévision avec casque filme un match de football depuis le bord du terrain, de nuit
Un cadreur filme un match depuis le bord du terrain, photo d’illustration : la VAR s’appuie d’abord sur ces caméras de télévision, auxquelles le hors-jeu semi-automatique ajoute des caméras de suivi fixées sous le toit · Photo : Aslam Jawaid / Pexels

Le mot « semi » n’est pas là par modestie. La machine calcule des positions, puis les arbitres vidéo valident le point de passe et la ligne sélectionnés automatiquement avant de transmettre l’information. Surtout, le logiciel ne sait pas dire si un joueur hors-jeu gêne un adversaire, ni si un défenseur a joué le ballon délibérément. Tout ce qui relève de l’interprétation reste humain, et c’est précisément là que se logent les disputes de la Loi 11. La FIFA l’a rappelé en présentant l’outil : les arbitres restent responsables de la décision sur le terrain.

Pourquoi l’arbitre annonce-t-il désormais sa décision au micro ?

Pendant des années, le public du stade a vécu les révisions vidéo dans le brouillard. Un message sur l’écran géant, « vérification but » ou « penalty possible », un arbitre penché sur son moniteur, puis un geste. Les téléspectateurs voyaient les ralentis ; les spectateurs présents, souvent rien du tout.

La première correction est venue de la FIFA. Lors de la Coupe du monde des clubs disputée au Maroc du 1er au 11 février 2023, les arbitres ont annoncé leurs décisions après révision dans la sonorisation du stade et à la télévision, dans le cadre d’un essai de douze mois validé par l’IFAB. Le principe est désormais inscrit dans le protocole : les compétitions peuvent mettre en place un système permettant à l’arbitre d’expliquer publiquement sa décision finale après une révision ou une longue vérification. La conversation entre l’arbitre et la salle vidéo reste confidentielle ; seule la conclusion est rendue publique.

Tribunes du Parc des Princes pleines, avec un écran géant affichant Review, Analyse, possible penalty
Au Parc des Princes, lors de Suède-Canada en huitième de finale de la Coupe du monde féminine, le 24 juin 2019 : l’écran géant annonce l’analyse d’un penalty possible. Avant les annonces au micro, le public devait se contenter de ce type de message · Photo : Chabe01, licence CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

La Ligue 1 s’y est mise tard. Le 3 avril 2026, lors de PSG-Toulouse, Éric Wattelier était sonorisé, sans qu’aucune situation vidéo ne se présente. Le 12 avril, lors de Lyon-Lorient, Benoît Bastien a fait la première annonce après révision : il a expliqué au stade et aux téléspectateurs que le numéro 77 de Lorient avait commis une faute, et que la décision finale était un coup franc pour Lyon, sans penalty. Fin mai 2026, le directeur technique de l’arbitrage Antony Gautier disait espérer étendre le dispositif à tous les matchs de Ligue 1 dès la saison 2026-2027. L’exercice a une vertu que les ralentis n’avaient pas : il oblige l’arbitre à formuler un motif, et donc à assumer une lecture.

Depuis quand l’arbitrage vidéo est-il utilisé en football ?

L’arrivée de la vidéo s’est faite en deux temps : deux années d’essais, puis une adoption rapide par les grandes compétitions. Elle a suivi la technologie sur la ligne de but, introduite en 2012 pour dire si le ballon a entièrement franchi la ligne, et qui reste un outil distinct de la VAR.

Date Étape
6 mars 2016 L’IFAB autorise l’expérimentation de l’assistance vidéo à l’arbitrage
14 décembre 2016 Première utilisation en compétition FIFA : Atlético Nacional-Kashima Antlers, demi-finale de la Coupe du monde des clubs, penalty accordé par le Hongrois Viktor Kassai après visionnage
28 mars 2017 France-Espagne (0-2), match amical au Stade de France : un but d’Antoine Griezmann refusé pour un hors-jeu de Layvin Kurzawa dans l’action, un but de Gerard Deulofeu accordé malgré le drapeau levé
3 mars 2018 L’assemblée générale de l’IFAB, à Zurich, inscrit la VAR et son protocole dans les Lois du jeu
Juin-juillet 2018 Première Coupe du monde avec VAR, en Russie
Saison 2018-2019 Arrivée en Ligue 1 et en Liga
Février 2019 Ligue des champions, à partir des huitièmes de finale
Saison 2019-2020 Arrivée en Premier League
Février 2023 Premières annonces des décisions au micro, Coupe du monde des clubs au Maroc
1er juillet 2026 Lois 2026-2027 : second jaune erroné, équipe sanctionnée par erreur, corners au choix des compétitions

Au Stade de France, le public a fait connaissance avec la vidéo de la pire des façons lors de ce France-Espagne : les supporters ont célébré le but de Griezmann pendant de longues secondes avant de le voir annulé. Le PSG a été, lui, la première grande victime française en Ligue des champions. Le 6 mars 2019, en huitième de finale retour au Parc des Princes, Manchester United obtient dans le temps additionnel un penalty pour une main de Presnel Kimpembe, accordé après visionnage, et Marcus Rashford le transforme. Le club parisien est éliminé.

Le premier bilan chiffré a été publié par la FIFA le 29 juin 2018, à l’issue du premier tour de la Coupe du monde en Russie. Sur 48 matchs, Pierluigi Collina, président de la commission des arbitres, a annoncé 335 incidents vérifiés, 17 révisions et 14 décisions modifiées. Selon la FIFA, 95 % des décisions importantes auraient été justes sans la vidéo, et 99,3 % l’ont été avec. L’évaluation était conduite par les responsables arbitraux de la FIFA eux-mêmes, ce qui ne la rend pas fausse mais invite à la lire pour ce qu’elle est : un bilan d’organisateur.

Ce que la VAR n’a pas réglé

Huit ans après la Coupe du monde 2018, le débat n’a pas disparu, il a changé d’objet. On ne se dispute plus guère sur le principe. On se dispute sur la durée, sur le seuil et sur l’égalité.

La durée d’abord. Une révision n’a pas de limite de temps, et la joie d’un but est devenue conditionnelle : on célèbre, puis on regarde l’arbitre. En Ligue 1, un décompte publié par Le Parisien en octobre 2019 estimait que l’arrivée de la vidéo avait allongé le temps additionnel moyen de plus d’une minute. L’IFAB a depuis multiplié les mesures contre la perte de temps, décomptes visuels compris, mais la vérification reste un temps mort assumé.

Le seuil ensuite. Le critère de l’erreur manifeste laisse, par construction, des décisions contestables en l’état. La main reste le terrain de toutes les disputes, parce qu’elle dépend d’une appréciation que les ralentis n’objectivent pas. La vidéo n’a pas supprimé l’interprétation ; elle l’a rendue visible, ce qui la rend plus difficile à accepter.

L’égalité enfin. Une VAR complète suppose des caméras, des liaisons, des arbitres formés et une salle équipée. Les championnats modestes et le football amateur n’en disposent pas, si bien qu’un même geste n’est pas arbitré de la même façon selon la division. La FIFA a développé des versions allégées pour réduire l’écart. Reste la panne. Le 31 mai 2019, en finale retour de la Ligue des champions africaine à Radès, un but du Wydad Casablanca contre l’Espérance de Tunis est refusé pour hors-jeu alors que le système vidéo est indisponible. Les joueurs du Wydad refusent de reprendre, le match n’ira jamais à son terme, et le dossier occupera la CAF puis le Tribunal arbitral du sport pendant plus d’un an. Le protocole avait prévu le cas, puisqu’une défaillance technique n’invalide pas un match. Il n’avait pas prévu que les joueurs l’accepteraient.

Michel Platini, qui avait bloqué la vidéo tant qu’il présidait l’UEFA, a formulé l’objection la plus sérieuse : selon lui, elle déplace les problèmes plutôt qu’elle ne les règle. L’argument se discute. Les chiffres de 2018 montrent qu’elle corrige des erreurs grossières ; l’expérience des tribunes montre qu’elle en a créé une nouvelle forme, l’erreur assumée après trois minutes d’examen. Les deux constats tiennent ensemble. La VAR a fait disparaître le but de la main que tout le stade voit, sauf l’arbitre. Elle n’a jamais promis de faire disparaître la dispute, et ce n’était pas dans son protocole.

Questions fréquentes

C’est quoi le VAR en football ?

Le VAR, pour video assistant referee, est l’arbitre assistant vidéo : un officiel qui suit le match sur des écrans, dans une salle dédiée, avec un ou plusieurs adjoints et des techniciens. Par extension, on appelle « la VAR » tout le dispositif d’assistance vidéo à l’arbitrage. Il vérifie les buts, les penalties, les cartons rouges directs et les erreurs d’identité, et ne peut que recommander une révision : la décision finale appartient toujours à l’arbitre central.

Pourquoi dit-on la VAR et pas le VAR ?

Les deux se disent. Le sigle désigne à l’origine une personne, l’arbitre assistant vidéo, ce qui justifie « le VAR » quand on parle de lui. Mais l’usage français s’est fixé sur « la VAR » pour désigner l’assistance vidéo à l’arbitrage dans son ensemble, et c’est la forme la plus répandue dans les médias comme dans les stades. Les textes officiels de l’IFAB en français contournent la question en parlant d’assistance vidéo à l’arbitrage.

Depuis quand l’arbitrage vidéo est-il utilisé en football ?

L’IFAB a autorisé les essais le 6 mars 2016. La première utilisation dans une compétition FIFA date du 14 décembre 2016, en demi-finale de la Coupe du monde des clubs, avec un penalty accordé après visionnage. La VAR est entrée dans les Lois du jeu le 3 mars 2018, a été utilisée à la Coupe du monde 2018 en Russie, puis en Ligue 1 à partir de la saison 2018-2019.

Un entraîneur peut-il demander l’arbitrage vidéo ?

Non. Le protocole de l’IFAB précise que les entraîneurs et les joueurs n’ont pas à demander de vérification, puisque la VAR contrôle automatiquement chaque situation révisable. Un joueur ou un membre du staff qui mime avec insistance le signal de l’écran est averti. Seules des versions allégées expérimentées par la FIFA, comme le Football Video Support, accordent aux entraîneurs un nombre limité de demandes de révision.

La VAR peut-elle revoir un carton jaune ?

Pas un premier carton jaune. La VAR peut intervenir sur un avertissement en cas d’erreur d’identité, quand le carton a été donné au mauvais joueur. Depuis les Lois du jeu 2026-2027, en vigueur depuis le 1er juillet 2026, elle peut aussi revoir une exclusion consécutive à un second carton jaune manifestement injustifié. Un avertissement simplement discutable, lui, reste hors de son champ d’action.

Combien de temps peut durer une révision VAR ?

Aucune limite n’est fixée. Le protocole de l’IFAB l’écrit explicitement : la précision de la décision finale est plus importante que la vitesse, d’autant que certaines situations comportent plusieurs incidents à examiner. En pratique, une vérification silencieuse passe inaperçue, alors qu’une révision au moniteur du bord du terrain immobilise le jeu plus longtemps. Pendant ce temps, les joueurs restent sur la pelouse et les remplaçants hors du terrain.

Signé

Antoine Ferrec Football

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